Ancienne usine reconvertie en bureaux, le visage de cet ensemble immobilier a été façonné par les différents occupants et les fonctions données à ce lieu. Conçu par Pierre Sardou et Maurice Chatelan, le N°66 a ainsi abrité pendant des années les ateliers de fabrication des machines à coudre Athos.

Devenus par la suite des bureaux qui ont notamment accueilli la DRASS Ile-de-France, ces locaux sont devenus en 2012 un centre d’accueil pour l’Armée du Salut.

Malgré la disparition de certains vestiges de l’ère industrielle comme l’ancienne enseigne publicitaire, l’ensemble de la rue de Mouzaïa regorge d’éléments qui rappellent ces années d’activité industrielle comme les grandes baies vitrées ou la toiture terrasse. Le programme de réhabilitation entend donc respecter toutes ces particularités architecturales qui font le charme historique de ce lieu : les futures menuiseries en aluminium feront un rappel des ateliers d’origine et un travail méticuleux de réparation et nettoyage des bétons sera réalisé pour le N° 58 afin de respecter le projet architectural d’origine du bâtiment.


L’histoire et les différents occupants de ces bâtiments ont façonné durablement les visages de cet ensemble immobilier.


Conçu par les architectes Claude Parent et André Remondet, le N°58 fait partie des édifices encore existants dans la capitale issus du courant brutaliste.

Ce mouvement architectural utilise majoritairement le béton car il souhaite mettre en avant le côté primitif et rugueux de ce matériau.

« Je n’ai pas de justification autre qu’esthétique pour les 4 tourelles qui donnent l’impression de serrer les éléments, comme si c’était un presse-livre. » Claude Parent

Symbole d’une volonté de trouver le matériau le plus authentique mais aussi véritable création esthétique, le béton dispose de nombreux défenseurs prestigieux au sein du monde architectural.

Le Corbusier a par exemple inventé le terme de « béton brut » et certains acteurs de l’urbanisme comme le philosophe Paul Virilio ou les architectes anglais Alison et Peter Smithson ont permis de démocratiser ce courant brutaliste de l’architecture moderne.
Paul Virilio avait par exemple travaillé sur l’étude des bunkers disséminés tout le long de la côté Atlantique : des « autels de béton dressés face au vide de l’océan marin » selon l’urbaniste et philosophe français.

Ces défenseurs du béton « brut de décoffrage » mettent en avant notamment l’honnêteté du béton brut, son authenticité et sa symbolique « pure », dénuée de tout forme d’artifice dispensable.

Il est donc logique de retrouver des éléments reprenant ces théories dans le profil du bâtiment de la rue de Mouzaïa : un béton rugueux rainuré et crénelé, des parties saillantes du bâtiment marquées par une certaine agressivité (elles sont appelées « dents de mammouth »), des tourelles verticales aux extrémités arrondies et enfin des pavillons d’entrées, voie de service et voie de parking conçus tels de petits bunkers.

A noter enfin la présence d’une œuvre de Catherine Val qui orne le mur de la façade du rez-de-chaussée du bâtiment. Cette fresque composée d’une série de mots et phrases permet de retenir l’attention des passants et de créer un lien entre l’édifice et la rue.

L’histoire du bâtiment rue Mouzaïa


Le quartier de la rue Mouzaïa se situe sur la colline de Belleville, à proximité de l’ancienne fortification de Thiers, sur l’emplacement d’une ancienne carrière de gypse.

Cet ancien quartier ouvrier se compose d’une pluralité de bâtis construits au cours du XXe siècle. 

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